Fils d’un cultivateur d’Hondeghem dans les Flandres, Auguste Chrétien Verbaere, après avoir été séminariste, fut maître d’études au collège communal de Cassel, d’Hazebrouck et de Saint-Amand.
En mai 1877, après son mariage quelques semaines plus tôt avec Marie Mathilde Vandenabeele, il fonde une imprimerie et une librairie à Armentières et crée un hebdomadaire, Le Journal d’Armentières pour lequel il a dû déposer un cautionnement de 3 000 F. Selon la police, « les articles publiés sont généralement pris dans Le Progrès du Nord, dans La Lanterne et quelques journaux à tendances radicales de Paris. » En 1883, il lance Le Petit Houplinois dont l’existence est éphémère.
Verbaere passe pour « un bon républicain » qui « soutient dans son journal les idées républicaines et combat énergiquement en temps d’élections les candidats réactionnaires. » C’est qu’il a fort affaire face à la municipalité d’Armentières, l’industriel Jules Dansette et son journal La Gazette d’Armentières. Il est poursuivi à plusieurs reprises en correctionnelle et condamné à des amendes. Cependant, la police le considère comme un homme de paille. Républicain certes, mais aussi commerçant, « il est le fournisseur de la mairie. »
Les socialistes ne sont d’ailleurs pas tendres à son égard. Membre du cercle opportuniste, Verbaere ne serait qu’un « acrobate de la politique », « tantôt opportuniste, tantôt radical et tout ce que l’on veut en iste ; en un mot un fumiste ». Rédacteur de son journal, certes, « mais ce sont d’autres plumes que la sienne qui écrivent les articles signés en son nom. » Il ne dirigerait même pas sa maison et son journal, laissant ce soin à sa femme.
En janvier 1899, il tente de revendre son imprimerie et son journal à un ancien rédacteur du Petit Calaisien, mais l’affaire n’aboutit pas. Selon la police, « craignant les opinions politiques » de l’acquéreur, le député Dansette et le maire de la ville ne seraient pas étrangers à cet échec. Le 2 août, le Journal d’Armentières est imprimé par Edouard Ramon qui en devient propriétaire-gérant quelques semaines plus tard.
Auguste Verbaere quitte le Nord et retrouve l’enseignement. Lors de sa mort, en 1908, il habite à Montrouge dans le département de la Seine et il est, selon son acte des décès, professeur. Son épouse est employée de commerce.
