Calixte Souplet fut l’un de ces journalistes avec qui Louis Napoléon Bonaparte noua des relations alors qu’il était prisonnier au fort de Ham dans la Somme. Directeur du Guetteur de Saint-Quentin, il publia même quelques articles d’économie sociale de la plume du prince dans son journal. A. Morel dans son ouvrage Napoléon III. Sa vie, son œuvre et ses opinions publié en 1869 lui attribue même un rôle dans l’évasion du futur empereur. Reprise par l’Anglais Henry Drummond Wolff, cette thèse fut démentie en 1894 par le petit-fils du journaliste Pierre Hachet-Souplet dans son livre Louis Napoléon, prisonnier au fort de Ham. La vérité sur l’évasion de 1846.
Fils d’un officier de Napoléon Ier, blessé à Iéna, Calixte Souplet fut élève du lycée Louis Legrand à Paris avant de travailler dans l’étude d’un notaire saint-quentinois, puis de rejoindre Le Guetteur de Saint-Quentin. En 1834, il en devint directeur à l’âge de 24 ans et le restera jusqu’en 1856. Républicain, il rompt ses relations avec Louis Napoléon en 1849, il condamne le coup d’Etat du décembre 1851, puis démissionne du conseil municipal de Saint-Quentin, dont il était membre depuis 1846, pour ne pas prêter serment à l’Empire.
En 1856, Calixte Souplet change d’orientation, prenant la direction de l’usine à gaz de la ville. Poursuivi par deux fois, Le Guetteur de Saint-Quentin est lui supprimé par décision de justice le 8 mai 1858. Membre de la Société académique, Souplet meurt brutalement d’une congestion cérébrale le 28 mars 1867. Deux ans plus tard, Le Guetteur de Saint-Quentin est relancé par un comité républicain présidé par Henri Martin.
