MARQUANT Victor

Fils d’une famille de tisseurs installée à Lempire dans l’Aisne, Victor Pierre Arsène Marquant, après avoir fréquenté l’école primaire de ce modeste village de l’arrondissement de Saint-Quentin, exerça d’abord le métier de ses parents. A la mort de son épouse, en 1883, toujours domicilié à Lempire, il est cantonnier. Comme l’écrit une quinzaine d’années plus tard, le 9 juillet 1897, Charles Poëtte directeur duGuetteur de Saint-Quentin, il s’est élevé « par son intelligence, aussi par son travail et par son dévouement à la République ». Victor Marquant est en effet rédacteur du Progrès de la Somme et collabore depuis 1876 au Guetteur de Saint-Quentin.

Lorsqu’il se remarie le 9 juin 1898 à Paris, il se déclare pourtant « employé de commerce ». En janvier 1901, Le Journal de Montdidier annonce qu’il « abandonne la rédaction du Progrès de la Somme dont il faisait partie depuis douze ans » pour devenir secrétaire du député radical-socialiste de la ville et ancien journaliste parisien Louis-Lucien Klotz.

Peu de temps avant sa mort, le 28 août 1906, Charles Poëtte le désigne pour lui succéder à la tête du Guetteur de Saint-Quentin. Cette décision est entérinée par l’assemblée générale des actionnaires le 17 octobre 1906. Victor Marquant dirige ainsi le quotidien jusqu’en 1914, se distinguant, selon Le Grand Echo de l’Aisne qui lui rend hommage lors de sa mort en 1924, par « la droiture de son caractère, la modération et la justesse de ses idées, la fermeté de ses convictions ». De son vivant, le quotidien rival, Le Journal de la ville de Saint-Quentin saluait déjà ses qualités professionnelles : « M. Marquant est un journaliste pour de vrai, ce qui le distingue de quelques autres. Ce qui se voit d’ailleurs à son journal qui est « fait » […] Voila un quart de siècle bientôt que notre honorable confrère exerce avec dignité une profession où les longs espoirs ne sont pas permis. » C’est sous sa direction qu’en 1912 le journal adopte la périodicité quotidienne et fixe son prix de vente à cinq centimes.

Victor Marquant ne quitte Saint-Quentin que lors de l’évacuation de la population décidée par les Allemands en mars 1917. Emmené en Belgique, il n’est rapatrié que lors du dernier trimestre de l’année. A peine rentré, il perd sa troisième femme épousée en septembre 1906 à Forges-les-Eaux. Malade et démuni, Klotz, ministre des finances du gouvernement Clemenceau, lui attribue une recette buraliste à Beauvais. Il meurt dans cette ville le 6 mars 1924 mais il est inhumé à Saint-Quentin. Il était officier d’Académie.