Si, comme l’écrivent lors de sa mort en 1885 plusieurs quotidiens parisiens, le nom de Louis Couailhac est un peu oublié, l’homme, auteur prolifique, « eut son heure de gloire ».
Né à Lille en 1810 où ses parents sont artistes, Louis Jean Joseph Couailhac fait de bonnes études au lycée Henri IV qui le conduisent au professorat à Lyon. Dès 1833, il quitte l’enseignement pour tenter sa chance à Paris dans la littérature.
D’abord précepteur, il entre, en 1837, au quotidien La Patrie. Commence une longue carrière de journaliste où, selon les mots prononcés sur sa tombe, il va exceller dans la presse judiciaire et parlementaire. Louis Couailhac collabore ainsi au Messager, au Courrier français, au Temps, au Figaro, au Corsaire, au Charivari… auxquels il fournit faits-divers, articles politiques, feuilletons… En 1852, il est nommé rédacteur en chef du journal La Normandie édité à Rouen, puis du Nord édité à Lille, titres créés pour soutenir la politique impériale. Louis Couailhac est d’ailleurs tenté par une carrière politique. En 1852, Le Siècle l’annonce candidat au Corps législatif dans le département du Lot d’où était originaire son père. On le retrouve ensuite à La Presse où, selon Vapereau, il signe une correspondance à partir de matériaux envoyés de Madrid par son frère Victor.
Depuis plusieurs années déjà, il s’est également fait un nom dans le monde des lettres. En 1832, alors qu’il vient tout juste d’occuper une chaire de grammaire à Lyon paraît son premier ouvrage, un recueil de nouvelles Les Sept Contes noirs, bientôt suivi des romans Avant l’orgie (1836), Pitié pour elle (1837), Une Fleur au soleil (1838)… En 1837, il donne avec Eugène Sandrin Les Tribulations d’un employé. L’année suivante, Le Charivari salue la représentation de sa comédie-vaudeville Plock le Pêcheur. En quelque cinquante années, Louis Couailhac écrit, seul ou en collaboration, une soixantaine de pièces de théâtre : Duchesse et poissarde, L’Oiseau de paradis, Maurice et Madeleine, Le Roi des goguettes, La Chasse aux grisettes, Les Bonnes, La Cuisinière mariée, Les Sociétés secrètes, Arrêtons les frais… Il est également l’auteur d’une histoire et d’une description du Muséum d’histoire naturelle, Le Jardin des plantes, d’une peinture des mœurs du théâtre, etc.
Membre de la Société des gens de lettres et de la Société des auteurs dramatiques, il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1867. Il est alors secrétaire de rédaction au Sénat. En 1876, sous la IIIe République, il est chef adjoint du compte-rendu analytique de la Chambre haute.
