Henri Clément Deschamps était né à Roubaix le 2 septembre 1840. Fils d’un artisan, il commença à travailler comme ouvrier en bâtiment pour terminer industriel et notable, vice-président de la Ligue républicaine, administrateur du Mont-de-Piété, de la Caisse des écoles, etc. Il entra dans le combat politique en luttant contre le coup de force de Mac-Mahon et le gouvernement d’Ordre moral du duc de Broglie. Il soutint Achille Scrépel, républicain, un des 363 dont la réélection força Mac-Mahon à se démettre, et Alfred Motte. Courageux, prêt à payer de sa personne, il participa au congrès collectiviste de la salle Dominique, provocant des « incidents tumultueux ». Il se fit élire conseiller d’arrondissement en 1889 et le resta jusqu’en 1892. En 1893, il fut candidat radical contre Louis Vienne, soutenu par Le Journal de Roubaix, et contre Guesde, candidat de la gauche.
Ami de Reboux – ils avaient tous deux servi au 48e régiment de mobiles du Nord en 1870 –malgré leurs divergences politiques, il se rapprocha politiquement de lui après le Ralliement à la République de ce dernier à la suite de la publication par Léon XIII, le 20 février 1892, de l’encyclique Inter sollicitudines (Au milieu des sollicitudes). Il anima, de 1893 à 1896, Le Roubaisien, un hebdomadaire satirique illustré destiné à soutenir la candidature de l’industriel Gaston Motte, chef de file de l’Union sociale et patriotique, contre Carrette et ses amis du Parti ouvrier français qui détenaient alors la mairie. Il fut l’un des promoteurs de l’Union sociale et patriotique, association anticollectiviste, et fonda Le Petit Roubaisien après l’échec électoral de Motte en 1906.
Deschamps n’hésitait pas à mettre la main à la pâte, si l’on en croit Achille Rousseau : « sa plume de journaliste improvisé était féconde… »
