POËTTE Charles

« Le Guetteur est l’œuvre de M. Poëtte : il est le fruit de son labeur incessant de près de 40 années », écrivait en Une le quotidien de Saint-Quentin au lendemain de la mort de celui qui avait été son imprimeur, son directeur et son rédacteur en chef depuis son renouveau en 1869. Dans cette première décennie des années 1900, à près de 80 ans, Charles Poëtte était ainsi l’un des doyens de la presse française.

Né à Holnon, dans l’arrondissement de Saint-Quentin, il appartenait à une famille modeste – son père était maçon – et fut d’abord ouvrier lithographe. Féru de lecture et élève des cours populaires, il fit partie des délégués que la Société académique de Saint-Quentin envoya à l’exposition universelle de 1867. De cette visite, il tira un rapport L’Instruction populaire à l’exposition universelle qui fut présenté à la Société académique. Républicain, il fut pendant quinze ans conseiller municipal de son village natal auquel il était très attaché.

Lorsqu’en 1869, les républicains libéraux de Saint-Quentin se dotèrent d’un journal, Le Guetteur de Saint-Quentin, c’est vers lui qu’ils se tournèrent pour l’administrer et diriger l’imprimerie. Membre de la commission municipale en 1870, Charles Poëtte fut emprisonné à la citadelle d’Amiens par les Prussiens. Il laissera d’ailleurs des Souvenirs de la guerre franco-allemande. Lors des élections municipales, il fut élu conseiller de Saint-Quentin, fonction qu’il assuma pendant seize ans. En 1882, il fut nommé directeur du journal et rédacteur en chef, à la suite du départ à la retraite d’Edmond Delière.

Charles Poëtte était un amoureux et un défenseur du Vermandois qu’il parcourait régulièrement. 

Il est notamment l’auteur d’une volumineuse Histoire d’Holnon, des Bois d’Holnon, d’Attily et des environs, de Promenades autour de Saint-Quentin en onze volumes, d’un ouvrage sur l’Origine des noms des rues et places de la ville de Saint-Quentin, mais aussi de Beaurevoir, son ancien château-fort, Jeanne d’Arc, l’Escaut,…

Bien que républicain, Charles Poëtte n’acceptât aucune distinction des gouvernements de la République. Sa commune natale lui a consacré un mémorial.