DAVIN Félix

Lors de la mort du journaliste saint-quentinois Félix Louis Davin, toute la presse, parisienne et départementale, était unanime : il ne lui manqua que du temps pour développer son talent. Quelques semaines auparavant, Le Temps, présentant son dernier roman Une fille naturelle : règne d’Henri II 1556-1557, saluait une « intelligence facile », un « jugement sain et développé par l’étude », une « imagination sobre et réglée dans sa fécondité », un « talent exercé ».

Fils de Pierre Abraham Davin, huissier au tribunal de commerce, et Marie Louise Sophie Adélaïde Desfresne, Félix Davin accomplit ses études à Paris et au collège de sa ville natale. Très tôt, à l’âge de 16 ans, il est remarqué pour ses qualités d’écrivain.

Dès 1823, il publie Le Crapaud, roman espagnol, en 1826 un Recueil de chansons et poésies diverses, en 1828 Poésies saint-quentinoises. En janvier de cette même année, il est le premier lauréat de la Société académique de Saint-Quentin pour un poème sur le siège de la ville en 1557, La Vision. Dans ce concours, il devance son ami d’enfance, le futur historien Henri Martin, récompensé d’un accessit pour Le Chant du siège. En 1830, les deux hommes publient en commun Wolfthurm ou la tour du loup.

Pendant ce temps, Félix David collabore au Figaro, au Journal des demoiselles et au Musée des familles. En septembre 1830, alors qu’à Saint-Quentin ne paraissent que deux feuilles d’annonces, ilfonde Le Guetteur. Ses responsabilités de directeur et de rédacteur en chef ne l’empêchent pas de continuer à publier poèmes et romans : Deux lignes parallèles ou frère et sœur (1833), Ce que regrettent les femmes : mœurs du Nord (1834), Histoire d’un suicide : mœurs du Nord (1835)… Il se fait le préfacier de Scènes de la vie privée d’Honoré de Balzac

En juin 1836, Emile de Girardin l’annonce parmi les collaborateurs de son futur quotidien, La Presse, aux côtés de Victor Hugo, Alexandre Dumas, Eugène Sue… Félix Davin meurt le 3 août 1836 à l’âge de 29 ans. Quelque temps auparavant, il avait remis les destins du Guetteur entre les mains de Calixte Souplet qui allait le diriger pendant vingt ans.